Le rêve d'une vie - Chapitre VI

Habillage

Elles avaient du travail ? Comment ça ? Takamina venait de le dire elle-même : les entraînements commençaient demain, alors de quoi parlait-elle ? Aoi reprit son air normal avant de se rassoir sur sa chaise, la manager reprenant la parole.

- Cet après-midi, vous n'allez pas vous entraîner. Mais vous avez quand même des choses à faire que j'ai notées dans vos IDoru.

Chacune sortit alors son IDoru respectif et regarda son emploi du temps. Il y avait marqué "prise de mensurations". Qu'est-ce que ça voulait dire ?

- En fait, cette après-midi, vous allez passé devant la couturière qui prendra vos mesures, si vous préférez. Vous passerez une par une, car elle vous fera des tenues sur-mesure. Ensuite, quand vous serez passée, vous aurez quartier libre jusqu'à l'heure de manger, alors profitez-en pour visiter le bâtiment à votre guise !

Une fois ceci déclaré avec un grand sourire, elle quitta la salle sous les regards que se lançaient les idoles en silence. Les discussions reprirent petit-à-petit.

- Apparemment, il nous reste un bon quart d'heure avant de devoir y aller, dit d'une voix sans émotion Akela.
- C'est vrai, répondit Ayumi en se levant de sa chaise, s'étirant. Bon ! On devrait se mettre en route pour ne pas arriver en retard, sinon...

Elle ne termina pas sa phrase. Après tout, elles savaient toutes ce qu'elle voulait dire. Les jeunes idoles prirent chacune leur plateau avant de le débarrasser, puis sortirent de la salle en regardant leur IDoru. Elles prirent le chemin qui les menait à l'endroit où elles devaient se rendre avant de regarder l'heure : il leur restait cinq minutes, elles étaient en avance. Elles restèrent donc toutes les cinq devant la porte, aucune ne parlait. Ce fut Aoi qui brisa le silence en posant une question à Akela.

- Au fait, Akela, pourquoi as-tu décidé de participer aux auditions ?

Un nouveau silence surgit alors. Akela lança un regard à la nageuse qui voulait vraisemblablement dire "T'aurais pas pu ravaler ta langue ?". C'était le même genre de regard que Chiaki avait envoyé à cette même brune avant de s'évanouir. La blonde regarda ensuite en face d'elle, l'air impassible, fixant un point invisible sur le mur.

- J'ai voulu aider ma famille et faire plaisir à mon petit frère. Je ne dirai rien de plus, trancha-t-elle de son habituel ton froid.
- Ah, pourquoi, il y a des problèmes dans ta famille ? demanda Aoi quand bien même.
- ...
- Et... Hmm... Tu as donc un petit frère... ? réessaya-t-elle en riant nerveusement.
- ...
- Aoi, je crois que c'est inutile, dit Ayumi dans un soupir.

La nageuse eut l'air abattue alors que Chiaki et Lunéa riaient nerveusement. Juste après, les autres idoles les rejoignirent. Chiaki se mit sur la pointe des pieds et commença à compter les membres dans le brouhaha qui s'était formé. Après les avoir comptées, elle soupira de soulagement.

- Nous sommes toutes là... Toutes les vingt...

Ayumi, qui avait entendu ça, sourit en la regardant, commençant à lui répondre.

- Voyons, Chiaki, tout va bien se p- !
- S'il arrivait quelque chose à l'une d'entre nous... Je ne me le pardonnerai jamais...
- Chiaki... ? demanda la brune, commençant à s'inquiéter.

La blonde avait la main sur son c½ur, serrant légèrement son haut en baissant la tête. Elle se mordait également la lèvre inférieure, comme si elle retenait quelque chose en elle. En voyant cela, la nageuse commença à paniquer et s'adressa à Ayumi.

- V-Voyons Ayumi, il ne faut pas s'inquiéter ! Tu connais Chiaki, elle pense toujours aux autres avant elle-même !

Ayumi regarda quelques instants Aoi en fronçant les sourcils, l'air sceptique, avant de reporter son regard sur la plus jeune. Elle avait raison, il n'y avait pas besoin de s'inquiéter, Chiaki était ainsi. Mais quand bien même, on dirait qu'elle le prenait comme une histoire personnelle... Elle lui demandera quelques explications quand elle sera seule avec elle.

Juste après, la porte s'ouvrit dans un grand fracas, faisant sursauter toutes les idoles. Une femme en sortit alors, sautant à pieds joints juste devant les jeunes filles qui la regardaient sans comprendre. Elle possédait de longs cheveux noirs avec des mèches blanches et ses yeux étaient roses et se voyaient bien, sûrement grâce à des lentilles. Sa frange était colorée de bleu et de rose. Elle portait un haut blanc sans manche et une mini-jupe noire. Mais le plus étrange, c'était qu'elle portait une tonne d'accessoires aussi extravagants les uns que les autres accompagnée d'une bonne dose de piercings : un serre-tête avec des cornes en forme de cône blanches et noires semblant tourbillonner, une mitaine rose et noire déchirée au bras gauche ou encore une paire de bas bleus et roses déchirés également. Cette personne semblait assez... Extravagante.

Une fois qu'elle ait atterri sur ses deux pieds, elle leva le bras avant de déclarer d'une voix joyeuse et plutôt rapidement.

- "Mi" pour Mioda Ibuki, "o" pour Mioda Ibuki, "da" pour Mioda Ibuki, "I" pour Mioda Ibuki, "bu" pour Mioda Ibuki, "ki" pour Mioda Ibuki ! Je suis- !
- Mioda Ibuki...

C'était Chiaki qui venait de parler, le même air choqué que lorsqu'elle avait vu le Chef Hanamura. Quand à elle, la dénommée Ibuki sauta devant Chiaki avant de déclarer.

- DIN DIN DIIIN ! Effectivement, je suis Mioda Ibuki et suis votre couturière !
- Je ne vous crois pas, dit simplement Akela d'un air neutre.

Ibuki sembla choquée puis peu de temps après... Éclata de rire. Toutes les filles se regardaient, les yeux grands ouverts. Sa façon de s'habiller n'était pas la seule chose extravagante, sa personnalité le semblait également.

- Ah, je t'aime déjà, toi ! Tu es très drôle !

D'un coup, elle prit un air sérieux, presque en colère.

- Mais on ne plaisante pas avec le travail d'Ibuki ! Elle le prend très à c½ur ! Tellement que c'est elle qui a fait sa propre tenue !

Bon eh bien... Il semblerait qu'elle parle parfois à la troisième personne du singulier... C'était étrange, autant que ses sautes d'humeurs.

Elle avait fait ses propres vêtements ? Toutes les filles la regardèrent de haut en bas : si elles devaient s'habiller de la même façon... Elles étaient plutôt en "danger". Elles n'allaient quand même pas porter la même chose... Si ?

La couturière regarda autour d'elle sur la pointe des pieds, une main au dessus de ses yeux comme pour cacher la lumière. Son regard s'arrêtera dans celui d'une certaine brune qui regardait autour d'elle en l'ayant remarqué, voulant vérifié si c'était bien elle qu'elle regardait. Ibuki s'approcha rapidement de la jeune fille avant de la prendre par le bras.

- Tu es Ashia Lunéa, c'est ça ?
- O-Oui, ma-...
- TROUVÉE ! Allez viens !

  Elle ne laissa même pas Lunéa répondre quelque chose qu'elle la tira par le bras avant de l'emmener dans la salle d'où elle était venue. Chiaki et Ayumi se regardaient avec de grands yeux.

- Qu'est-ce qu'il vient... commença Ayumi.
- De se passer... ? termina la blonde.

Akela soupira longuement avant de regarder la porte.

- C'est rien, elle est sûrement partie prendre ses mensurations, rien de bien méchant.

  Toutes les filles soupirèrent longuement avant de commencer à discuter entre elles. La brune respira un grand coup, prit son courage à deux mains avant de se retourner vers Chiaki, l'air sérieux, bien qu'au fond, elle paniquait légèrement.

- Chiaki...
- Hmm ?
- Il faut que je t-...
- À LA SUIVANTE !

Toutes sursautèrent avant de se retourner vers la porte qui venait de se rouvrir. Lunéa en sortit alors, avant qu'une autre fille ne se fasse entrainer par cette tornade qu'était la couturière. La brune s'approcha des trois amies avant de longuement soupirer.

- Ah, elle m'a fatiguée... Elle n'a pas arrêté de me poser des questions... En plus elle les disait tellement rapidement que quand je voulais répondre, elle enchainait tout de suite. C'est un ouragan !

Chiaki se mit à rire avant de regarder à nouveau Ayumi.

- Tu disais ?
- N-Non, rien... Laisse tomber, répondit-elle, riant nerveusement.

Chiaki pencha la tête sur le côté avant d'hausser les épaules et de discuter avec ses amies. Mais Ayumi lui parlera... Elle le devait... Elle devait savoir.

Plusieurs jeunes filles plus tard, ce fut au tour d'Akela qui esquiva la poigne de la couturière, celle-ci s'écrasant alors à terre avant de se relever. Akela en avait alors profité pour entrer. Quelques candidates après, ce fut au tour d'Ayumi, puis peu après de Chiaki, qui se fit entrainer par cette tornade.

Une fois entrée, elle arrivait à mieux décrire la pièce : elle n'était, certes, pas très grande comparée aux autres salles, mais cela suffisait amplement. Des affaires de couture tels que des ciseaux, des aiguilles et du fil, des épingles ou encore la traditionnelle machine à coudre, étaient réparties sur diverses tables. Trois mannequins étaient debout dans un coin de la pièce. Des immenses rouleaux de tissus étaient accrochés au mur. Quelques cahiers étaient empilés ou ouverts sur des croquis de, peut-être, futures tenues. Le tout était plutôt mal rangés et trainaient un peu n'importe où, mais cela semblait un bon espace de travail et de réflexion.

Ibuki la lâcha alors au centre de la pièce avant d'aller chercher son mètre pour prendre les mensurations de la jeune idole.

- Hmm, je vois... Tu es plutôt grande
, et quelle silhouette !

Elle prenait quelques notes de temps à autres, revenant ensuite aussi rapidement qu'elle était arrivée. Chiaki faisait ce qu'elle demandait : tantôt elle écartait les bras, tantôt elle se mettait de profil, et ainsi de suite. La couturière s'arrêta d'un coup, faisant un bond en arrière en criant de surprise, ce qui eut don de faire sursauter la blonde. Elle se regarda elle-même, essayant de trouver ce qui aurait pu la choquer, avant de reporter son intention sur Ibuki.

- Il y a... Un probl- ?
- C'EST IMPOSSIBLE. PERSONNE NE PEUT AVOIR UNE POITRINE PAREIL À CET ÂGE LÀ !

La blonde rougit d'un coup avant de baisser son regard : ce n'était pas pour se vanter, mais... Elle était plutôt bien fournie, oui. Une fois toutes ses mensurations prises, Chiaki n'attendit pas une seconde avant de vite sortir de la pièce, rouge de honte. Elle se dirigea vers ses amies qui la regardaient d'un air interrogateur plus ou moins marqué selon la personne.

- Pourquoi tu es aussi rouge, Chiaki ?
- Ce... N'est rien...

Ayumi se mit à réfléchir avant d'avoir une sorte d'illumination.

- Ah, je crois avoir compris pourquoi ! C'est à cause d- !
- RAH, TAIS-TOI ! cria la blonde, plus honteuse que jamais.

Toutes les filles la regardèrent un court instant avant de reprendre tranquillement leur discussion. Chiaki soupira longuement avant de s'éloigner du groupe. Ou du moins essayer, car une main lui retenait désormais fermement le bras.

- Où vas-tu ? demanda Akela.
- J'ai besoin... De prendre l'air.
- Et comment ? On ne peut pas sortir, souviens-toi.
- D'accord, alors je vais le dire clairement. J'ai. Besoin. D'être. Seule.

Elle avait dit cela sur un ton sec et froid, retirant son bras en forçant. Ses amies la regardaient sans comprendre. Elle leur tourna le dos avant de se mettre à marcher dans ce long couloir.

- Chiaki... dit Lunéa d'un air mélangé entre l'inquiétude et la tristesse.
- Je vais aller la raisonner, moi, tu vas voir ! déclara Ayumi en commençant à partir, mais elle fut coupée dans son élan par Aoi.
- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Depuis que je connais Chiaki, quand elle fait ça, c'est qu'elle a besoin d'être seule pour... Non, rien, reprit-elle en secouant doucement la tête.

De son côté, Chiaki marchait sans but, avant de tourner dans un couloir, se retrouvant alors devant la porte de sa chambre, étant maintenant assez éloignée des nouvelles idoles. Elle s'approcha d'elle avant de donner un coup de poing dedans.

- PUTAIN !

Elle avait hurlé cela en serrant les dents, son front collé à la porte. Et peu de temps après, des larmes se mirent à couler sur ses joues qu'elle ne cherchait même plus à retenir. Elle se recroquevilla sur elle-même devant la porte, continuant de pleurer, un poing sur ladite porte, sa tête contre elle. S'ayez, elle avait finalement craqué.

Aoi soupira tristement avant de dire dans un murmure pour être la seule à l'entendre.

- Quand tu fais ça, c'est que tu as besoin d'être seule pour pleurer, hein, Chiaki ?

Chapitre VII →
Chapitre V

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Comments :

  • Kitsuma

    12/11/2016

    Mais.. Mais.. ;; Tu nous as oublié ;o; *fuis*

    Sinon superbe chapitre comme d'habitude ! *w* J'ai hâte de voir le prochain ! ~

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